Article paru dans “la dépêche vétérinaire”

 

PROTECTION ANIMALE

Créée l’an dernier, l’association Instinct de vies, basée en France et présidée par notre consœur Dora Zee, œuvre pour la suppression du commerce de viande de chien et de chat à Hanoï (Vietnam). Elle a alerté le Comité populaire de la ville des dangers, notamment sanitaires, que génère une telle pratique. L’association recherche la coopération de vétérinaires français.

 

Quelle est la genèse de votre association et quel est son objet ?

 

Dora Zee, présidente de l’association Instinct de vies :

L’association Instinct de vies a été créée l’année dernière, après notre rencontre à Hanoï avec le maire et président du Comité populaire de la ville d’Hanoï, Nguyen Duc Chung. Il nous a semblé impératif de l’alerter sur une pratique commerciale hautement problématique, celle du commerce de viande de chien et de chat. Notre association œuvre pour la fin de l’abattage et du commerce de viande de chien et de chat à Hanoï, ville référence, dans un délai de 3 à 5 ans.

Elle œuvre pour introduire un bien-être animal pour les chiens et les chats qui, même s’ils commencent à être envisagés comme des animaux de compagnie, sont encore largement victimes de violences et d’abus de toutes sortes.

Aucun cadre juridique ne permet quelque protection, aussi l’association a-t-elle pour objectif de faire créer des lois afin de donner un statut à ces animaux qui, en fait, n’existent pas juridiquement.

N’appartenant pourtant pas à la catégorie des animaux d’élevage, ils sont abattus et consommés. Ce commerce n’est pas réglementé et, de ce fait, pose un problème de santé publique avec des risques de transmission de rage et autres maladies infectieuses.

Notre association cherche à amener les autorités de Hanoï à légiférer en proposant un accompagnement pédagogique, des campagnes de communication pour sensibiliser la population (à la cruauté et au risque sanitaire), des formations vétérinaires pour accroître les connaissances et compétences des vétérinaires vietnamiens. Le département de la Santé animale valide notre accompagnement et nous devrions démarrer les formations vétérinaires fin 2018/début 2019.

Avez-vous des données statistiques sur le commerce de viande de chiens et de chats à Hanoï et quels sont les risques sanitaires inhérents ?

 

Environ 1 300 chiens et 1 000 chats sont abattus et consommés chaque jour à Hanoï. Ce sont des statistiques fournies par le département de la Santé animale du ministère de l’Agriculture. Pour être précis, ce sont entre 5 et 8 millions de chiens qui sont consommés au Vietnam chaque année. Les chiffres sont un peu moins élevés pour les chats.

Les risques sanitaires sont la transmission de la rage avec le mouvement de chiens non vaccinés (d’un pays à l’autre, d’une province à l’autre, d’une ville à l’autre), ainsi que d’autres maladies comme le choléra. Les chiens et chats sont souvent volés à leurs propriétaires, occasionnant des violences sociales. Le Vietnam s’est engagé à éliminer la rage, endémique.

 

Avez-vous des soutiens locaux et internationaux ?

 

Nous travaillons de concert avec la fondation britannique Soi Dog en Thaïlande qui, au-delà des actions sur le terrain (accueil des chiens et chats errants, construction d’un hôpital pour chiens et chats à Bangkok, campagnes de vaccination et de stérilisation…), œuvre pour mettre fin au commerce de viande de chien et de chat dans certains pays en Asie (Corée du Sud, Vietnam, Cambodge). Nous cherchons le soutien de laboratoires français car nous travaillons à l’ouverture du marché à une offre légale de médicaments vétérinaires.

 

Quelle pourrait être l’implication des vétérinaires français à vos côtés ?

 

 

Les vétérinaires français sont recherchés pour leur niveau d’excellence. Nous proposons des sessions de formation vétérinaire tous les deux mois environ, durant une dizaine de jours, s’adressant aux vétérinaires gouvernementaux et aux vétérinaires des cliniques en place.

Nous comptons envoyer tous les deux mois environ à Hanoï un ou deux vétérinaires français qui formera/ont au sein du Centre de formation Instinct de Vies, dans des locaux que le département de la Santé animale souhaite mettre à notre disposition fin 2018/ début 2019. Cette coopération en matière vétérinaire n’a encore jamais été réalisée à Hanoï. Notre association souhaite la mettre en place car il y a beaucoup à faire (l’étude du chat et du chien à l’université de l’agriculture/département des études vétérinaires n’existe que depuis un an, avec un programme très sommaire).

Le Centre sera équipé à la façon d’un dispensaire, avec une montée en puissance au fil du temps et des formations seront réalisées.

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